Enseignante, philosophe, traductrice, autrice d’essais et de romans, Antonella Moscati est issue d’une famille napolitaine comptant un saint parmi ses ancêtres. Le professeur et médecin Giuseppe Moscati a été canonisé en 1987 par Jean Paul II, soixante ans après sa mort. Petite-nièce d’un saint médecin et fille d’un médecin hypocondriaque, voilà une ascendance peu banale! A lire Pathologies, la vie d’Antonella Moscati, dans les années 1960 à Naples, n’avait rien d’une oasis de paix sous la férule de ce père obsédé sanitaire.

Quand il était jeune fiancé, ironise-t-elle, il écrivait à son aimée «des lettres qui, au lieu de parler d’amour et de désir, ne parlaient que de brûlures, de poids sur l’estomac et de tout ce qu’il ne pouvait pas manger». Tissé d’une suite de «faits médicaux» parlant d’eux-mêmes et portant à rire à force d’ordonnances délirantes, ce récit n’a rien d’un règlement de compte, mais tout d’un remède démontrant que l’hypocondrie se transmet plus sûrement qu’un virus. Le vocabulaire du lexique de la médecine se répand dans le texte comme une maladie contagieuse.