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«En guerre», de Stéphane Brizé.
© Xenix Film

Cannes

«En guerre», c’est la lutte (pas) finale

Trois ans après «La Loi du marché», Stéphane Brizé retrouve Vincent Lindon pour un nouveau film à l’approche documentaire et dénonçant la violence du capitalisme

«Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu.» Cette citation de Bertolt Brecht ouvre le huitième long-métrage de Stéphane Brizé, et elle résume tout son enjeu. En guerre est un film combat, celui des ouvriers d’une usine condamnée par ses actionnaires allemands, car plus assez rentable. Avec derrière cette décision, cette réalité: la délocalisation. Laurent Amédéo sait qu’il peut perdre, mais il a décidé de combattre. Il est le porte-parole des 1100 salariées de l’usine, mène le piquet de grève et les négociations.

Une palme pour «La loi du marché»

Il y a trois ans, Vincent Lindon avait reçu à Cannes le Prix d’interprétation masculine pour La loi du marché, du même Stéphane Brizé. Il y interprétait Thierry, un grutier obligé de se recycler en agent de sécurité après une longue période de chômage, et confronté à des gens en grande détresse, obligés de voler pour survivre.

A ce propos: «La loi du marché», un bout de chemin dans l’enfer du chômage

D’une certaine manière, Laurent est un prolongement de Thierry. Les deux personnages sont mus par une même colère face aux dérives du capitalisme, à cette logique qui laisse trop de monde sur les bas-côtés, qui voit le fossé des inégalités inexorablement s’agrandir.

En guerre ne se fait jamais didactique, ni moraliste. Il montre, avec une approche documentaire et à travers un montage d’une grande maîtrise, un combat. Sans occulter qu’au sein même des ouvriers menacés de licenciement, il peut y avoir des dissensions. Il y a dans ce qu’il raconte une universalité qui le rend plus fort encore.


Une précédente critique de Cannes: Dans «Se Rokh (3 visages)», Jafar Panahi célèbre trois femmes iraniennes

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