Jacques, un jeune soldat, est envoyé en Algérie au début des années 1960, à la fin d’une guerre dont il ne sait rien. Il se sauve des difficultés de la vie par l’indifférence; rien ne semble le concerner vraiment, à part son amitié pour François, son amour pour Jeanne et ses Balto, des cigarettes blondes américaines. Fumer est son seul plaisir personnel, une manière de fuir le présent et de retrouver la liberté, «avaler une bouffée, la retenir un peu puis la laisser sortir», le tabac ramenant par vagues les souvenirs de sa jeunesse à Nîmes, de la garrigue explorée aux côtés de François, des berges de la rivière où ils se retrouvaient en silence.

Jacques se demande si la guerre qui se déroule autour de lui n’existe que pour les autres et le concerne réellement. S’il est possible de la traverser en restant intact. Mais, même s’il garde «l’air absorbé, les mains dans les poches», même s’il ne veut pas y toucher: la vie le défait.