La remise en question de la perspective classique au début du XXe siècle a mis à terre un édifice vieux de plusieurs siècles, et des conventions visuelles si complètement assimilées par les sociétés occidentales qu'elles sont encore souvent confondues avec la réalité de nos perceptions.

On oublie trop souvent que dans d'autres cultures et en d'autres temps, il existe et il a existé d'autres conventions de représentation. Ces conventions ont ou ont eu la même force de vraisemblance que celles qui nous sont familières.

Pour beaucoup d'artistes des années 1910-1920, la destruction de la perspective classique avait pour conséquence logique la fin de la figuration. L'abstraction est devenue le drapeau de la nouvelle peinture. Quand, dans les années 20, certains artistes sont revenus à la figuration, ce retour a été interprété comme un retour à l'ordre. Et la guerre idéologique entre partisans de l'abstraction et de la figuration n'a pas cessé depuis lors.

David Hockney – à la suite de Picasso – considère que la naissance de nouveaux espaces picturaux ne délie pas la peinture de ses rapports au visible. Au contraire, les espaces picturaux utilisés dans d'autres civilisations et à d'autres époques, les nouveaux espaces picturaux déjà inventés – comme le cubisme – ou qui restent à inventer, peuvent servir à la représentation du monde qui nous entoure. Les expositions parisiennes d'Hockney témoignent de ses efforts d'observation et de son ingéniosité pour donner une forme picturale à ces perspectives.