Livres

Guido Ceronetti: les derniers mots d'un humaniste intranquille

Deux livres posthumes de Guido Ceronetti viennent de paraître, trente-six ans après son entrée très remarquée dans l’aire francophone

Disparu en septembre 2018, à 91 ans, l’écrivain italien Guido Ceronetti doit à Cioran de l’avoir découvert et fait publier en France, avec son premier livre, Le silence des corps, en 1983. Les deux livres posthumes qui viennent de paraître en traduction française, Insectes sans frontières (édition originale en 2009) et Pour ne pas oublier la mémoire (2016), apportent une touche finale à une œuvre protéiforme, cependant écartée des sentiers de la fiction. Le Piémontais Ceronetti porte un costume bariolé de poète, philosophe, chroniqueur, journaliste (longue collaboration avec La Stampa), traducteur de l’Ancien Testament et de poètes grecs et latins, sans oublier le marionnettiste, fondateur du Teatro dei Sensibili avec son épouse Erica Tedeschi.

Insectes sans frontières constitue une suite de notes et de réflexions sous-titrée «Pensées du philosophe inconnu». Ce titre, plutôt étrange, trouve une manière d’explication dans les premières pages, justement signées du «Philosophe inconnu». Peut-être en guise de mode de survie dans notre monde de chahut où disparaissent les insectes, Ceronetti prône une «thérapie musicale de haute élévation», soit l’écoute (par exemple sous forme d’enregistrements) du «bourdonnement des ruches, du chœur des cigales et du chant des grillons». Insectes sans frontières, apprend-on, est une association sans but lucratif vouée à la préservation des insectes.