L'acteur français Guillaume Depardieu, fils de Gérard Depardieu et frère de Julie Depardieu, est décédé lundi en début d'après-midi dans un hôpital de la région parisienne à l'âge de 37 ans, «après avoir contracté un virus qui a provoqué une pneumonie foudroyante», a indiqué son agent à l'AFP.

Il semble que tout, dans la vie de Depardieu fils, aura été vécu avec force intensité, avec douleur, avec tendresse, dans une complexité ravageuse et mystérieuse.

Né à Paris le 7 avril 1971, Guillaume Depardieu n'aura eu de cesse de s'émanciper d'un patronyme difficile à porter. Longtemps écrasé par la personnalité et la célébrité de son père, Guillaume Depardieu aura vécu à la vitesse de la lumière une jeunesse rebelle, marquée par la moto, la violence, la drogue, la prostitution et l'alcool, qui l'avaient conduit en prison. De ses relations avec sa mère, Elisabeth Depardieu, également actrice, le fils parle peu.

Une vingtaine de films

Guillaume Depardieu, qui a tourné près d'une vingtaine de films, incarnait cette sensibilité à fleur de peau si chère aux artistes. Très tôt familier des plateaux de tournage, il n'est encore qu'un enfant lorsqu'il tient pour la première fois des petits rôles de figurant dans Pas si méchant que ça (1974), Jean de Florette (1986) ou Cyrano de Bergerac (1990). Il enchaîne par la suite des téléfilms et film, mais c'est Alain Corneau qui le révèle, en 1991, dans Tous les matins du monde aux côtés de son père qu'il retrouvera pour Aime ton père de Jacob Berger (2002). Film qui apaisera la confrontation avec un père auquel il a longtemps reproché son absence. Entre-temps, Guillaume reçoit le César du meilleur espoir en 1996 pour Les Apprentis (Salvadori), tourne avec Leos Carax (Pola X) et chute en moto (1995). Un accident qui lui coûtera dix-sept opérations et une amputation de la jambe droite, en 2003. Cela mettra fin aux souffrances provoquées par une maladie nosocomiale.

Touchant autant que dérangeant et provocateur, l'acteur a présenté cette année à Cannes Versailles (Schoeller) et De la guerre (Bonello). L'occasion pour ce papa d'une fille de 8 ans (Louise, «parce que dedans il y a oui») de déclarer au journal Le Monde: «Je suis affûté pour la guerre.» Une vie de combat, qui se termine tristement. Trop vite.