classique

Gustav Mahler, «Symphonie N° 6»

Le chef britannique aborde la «6e Symphonie» avec puissance et un luxe de détails admirable

Genre: classique
Qui ? Gustav Mahler
Titre: Symphonie N° 6
Chez qui ? (2 CD EMI Classics/EMI)

Antonio Pappano est un homme de théâtre. Son expérience de l’opéra lui vaut d’aborder le répertoire orchestral et la musique sacrée (le Requiem de Verdi et le Stabat Mater de Rossini) avec un instinct dramatique. A l’occasion du centième anniversaire de la mort de Mahler l’an dernier, le chef britannique d’origine italienne empoignait la 6e Symphonie à la tête de son Orchestra dell’Accademia Nazionale di Santa Cecilia . Comme bien souvent aujourd’hui, ce CD est le fruit de concerts donnés à l’Auditorium Parco della Musica de Rome, d’où le fluide qui circule entre le chef et ses musiciens.

Antonio Pappano dirige cette symphonie parmi les plus suffocantes de Mahler avec fougue et minutie. Il y a un luxe de détails admirable sans perdre de vue le flux global de l’œuvre – ce qui est fondamental. Il imprime au ­premier mouvement un tempo plutôt mesuré (plus de 24 minutes 30), à mi-chemin entre ­l’urgence d’un Bernstein et la grandeur hiératique d’un ­Barbirolli. Le poids y est tout comme l’alacrité. Le «Scherzo» (placé en deuxième position) respire un climat haletant. Le mouvement lent est riche en poésie, avec une respiration subtile et ­lyrique. Pappano maîtrise le gigantisme du «Finale»: il parvient à enchaîner les sections sans temps mort, avec des montées en puissance impressionnantes. Certes, les couleurs de son orchestre romain ne sont peut-être pas aussi singulières que celles du Philharmonique de Vienne ou du ­Concertgebouw d’Amsterdam, mais les musiciens sont galvanisés.

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