Le poète Guy Goffette réunit huit textes en prose parus en revues ou dans des ouvrages collectifs, plus un inédit, D'Ardenne et d'exil, qui chante le pays de Rimbaud et de Verlaine – et le sien. Partance: à elles seules, les sonorités du mot indiquent un mouvement lent proche de la rêverie, mode de voyage préféré de Goffette, qui a baptisé de ce nom une vieille caravane échouée au fond de son jardin, où il se retire pour méditer, mettre «la mer en bouteille en marchant dans un livre» et tenter d'écrire. Car les vrais voyages ne sont pas ceux qu'on croit, ils sont immobiles et infinis, solitaires, silencieux. Enfermé dans sa chambre, l'enfant s'évade en regardant un livre d'images ou un atlas; et l'adulte fait de même en lisant «le Segalen de Stèles et le Rimbaud d'Aden, Cendrars en son Transsibérien, Larbaud à l'ombre de A. O. Barnabooth, Henri-Jean-Marie Levet sur ses Cartes postales des compagnies maritimes…». Ces proses charmeuses évoquent des souvenirs d'enfance, la sagesse d'un grand-père à la pipe d'écume, l'image de Robert Walser mourant dans la neige, la Meuse endormeuse. Et aussi les vignettes d'un «vrai» voyage, du côté de Bucarest.