Le Temps d'un café

Avec Gyrðir Elíasson, parmi les arbres

Le poète et romancier est l’un des auteurs islandais les plus estimés. «Au bord de la Sandá», récit puissant et contemplatif, paraît en français et transporte dans une nature hypnotique. Rencontre lors de l’un de ses rares passages en ville, à Reykjavik

L’idéal aurait été de rencontrer Gyrðir Elíasson chez lui à Garður, un village isolé, battu par les vents, au sud de l’Islande. Pour des raisons d’agenda, cela n’a pas été possible. C’est donc au centre de Reykjavik, chez son éditeur Dimma, juste à côté de la gigantesque cathédrale Hallgrímskirkja où les touristes se pressent tous les jours de l’année, que nous avons le privilège de prendre un café avec l’une des voix littéraires les plus estimées du pays. Connu comme poète sur une île où la veine lyrique s’exprime avec la force des geysers, il est aussi l’auteur de romans et de recueils de nouvelles. On l’aura compris, on est loin ici de la nouvelle vague du polar islandais. La nature, l’art, l’acte de créer, la solitude qu’elle implique, la difficulté à participer au jeu social sont des thèmes récurrents dans l’ensemble de ses textes. Traduit dans toute la Scandinavie et en Allemagne, il a reçu notamment le Grand Prix de littérature du Conseil nordique et le Prix Halldór Laxnes.

La rivière, l’été

Les lecteurs francophones ont dû patienter pour avoir accès à cette œuvre connectée aux énergies telluriques. C’est grâce à la maison d’édition québécoise La Peuplade que nous parvient aujourd’hui Au bord de la Sandá, après Les excursions de l’écureuil, un roman aussi, en 2017. La Sandá est le nom d’une rivière glaciaire majestueuse. Elle contourne un volcan puis traverse une forêt étonnement fournie pour l’île. Le temps d’un été et d’un automne, c’est là qu’a trouvé refuge un peintre. Il s’est créé une sorte de campement avec deux caravanes, l’une pour dormir, l’autre pour entreposer ses toiles et son matériel. Il peint les arbres, la forêt, rien d’autre.