Voilà un an que le Hirak, le «mouvement», a réveillé l’Algérie. Pas de figure de chef dans la foule qui, chaque vendredi, descend dans la rue; pas de violence mais une opiniâtreté tranquille et des slogans inventifs et drôles, pour dire et répéter que la page doit être tournée et le pays libéré des vieux démons.

Le Hirak couvait depuis longtemps, sans doute, dans un pays qui semblait endormi. Certains, certaines comme l’écrivaine Hajar Bali, de passage à Paris en ce mois de février, l’ont pressenti. En témoigne Ecorces, un roman qui suit les membres d’une même famille sur près d’un siècle d’histoire algérienne. Elle y met en scène, à Alger en 2016 – le temps présent du livre –, un groupe de jeunes mathématiciens qui aspirent à «désaxiomatiser» le monde, à renverser les vérités fausses sur lesquelles se fonde la société: «Les axiomes sont décidément un frein à la liberté de penser et d’imaginer», songent-ils.