La tournée des stades que le «patron» a prévue en 2003 pour fêter ses 60 ans a suscité un tollé politique dans plusieurs métropoles de l'Hexagone. Le feu a été allumé à Bordeaux cet été, où la municipalité s'est étripée lors des débats sur l'attribution d'une subvention de quelque 230 000 euros à l'organisateur du concert pour la mise en vente de milliers de billets à tarif réduit au public défavorisé. Pour la dizaine de dates programmées, hormis celles du Parc des Princes à Paris, le producteur du rockeur, Jean-Claude Camus, demande aussi la gratuité du stade. Deux initiatives que certains politiques ont qualifiées de «dévoiement de l'action publique», dans Le Monde, et jugées iniques vis-à-vis d'autres artistes populaires. Au final, Bordeaux et d'autres villes ont renoncé, tandis que la décision est en suspens à Marseille.

Au-delà de la polémique sur les objectifs de l'aide publique, ce conflit illustre la dimension de «service public» qu'a acquise Hallyday. Comme si le chanteur appartenait désormais au patrimoine français. Avec 40 semi-remorques pour trois scènes, un décor de 26 mètres de haut, la configuration du show-anniversaire, qui s'arrêtera deux soirs à Genève, fait figure de prouesse inédite. Et a donc son prix. Les spectateurs vont devoir débourser entre 80 et 106 francs pour assister à une superproduction dont le devis, selon Live Music Production, atteint «entre 1 et 2 millions par soir».

En concert: sa 28 (presque complet) et di 29 juin 2003, Stade de Genève, la Praille. Loc.: TicketCorner.