Pour appâter les ados, il y a quand même plus malin. Hanna est une jeune femme entrainée par père, pendant des années, à tuer par tous les moyens à disposition, dans un cadre contraint: la forêt. Elle n’est jamais sortie de ce refuge, ordre du paternel. Et voici qu’elle franchit la limite, elle cherche à comprendre qui elle est vraiment. Dès lors, elle se retrouve pourchassée, puis tout va très mal. Et voilà.

Une promotion massive

Pour sa nouvelle série originale, Amazon a frappé fort, cette fois. Mise à disposition d’épisodes après le Super Bowl et campagne massive de promotion dans certains pays, dont la France, signalent qu’après une relative discrétion, le concurrent de Netflix veut montrer les dents, d’autant que se prépare la deuxième saison de Jack Ryan, sans doute pour la prochaine rentrée.

Hanna est due à l’Anglais David Farr, qui avait co-écrit le film du même nom, en 2011, et qui a par ailleurs écrit l’adaptation de The Night Manager, de John le Carré. La série déploie l’intrigue du film, et le scénariste insiste sur le fait qu’elle le dépasse; elle ne constitue pas seulement un remake.

Des personnages sans intérêt

Dont acte, mais le problème n’est pas là. Le manque complet d’intérêt que présentent les protagonistes, par exemple, représente une source de préoccupation plus importante. Histoire d’ado badass ou de découverte de soi adolescente selon certains critiques enthousiastes, la trame d’Hanna consiste surtout à aligner quelques poncifs du thriller d’homme/femme traqué(e), sans personnalité.

On suppose que l’héroïne, interprétée avec une certaine conviction par Esme Creed-Miles, doit fasciner par sa capacité à riposter fermement à toute attaque, et donc à tuer. Ce dispositif n’est pourtant guère original, et l’ensemble tourne à vide, avec des enjeux aussi fuyants que peu convaincants. Les agissements au-delà des arbres de Pologne – là où tout à commencé – forment autant de gesticulations de toute évidence destinées à convaincre les ados. Rien ne dit qu’ils le sont.