Hans Lebert. Le Cercle de feu. Trad. de Bernard Kreis. Jacqueline Chambon, 312 p.

Un Autrichien enrôlé dans les troupes anglaises revient au pays après la Seconde Guerre et retrouve sa demi-sœur, hitlérienne devenue tortionnaire dans les camps et maintenant fille de ferme dans un village reculé de Styrie. Attisée par des pulsions incestueuses s'engage entre eux, au cours d'un rude hiver, une querelle impitoyable au sujet de leurs options politiques et des limites du bien et du mal: tel est le sujet que développe, dans une écriture tissée de mythes germaniques et d'impressionnantes descriptions des paysages alpestres, le roman Le Cercle de feu (Der Feuerkreis, Residenz, 1971, Europa, 1992), de Hans Lebert (1919-1993). Une prose débordante et parfois à la limite du kitsch dépeint avec un réalisme qui n'hésite pas à susciter l'écœurement et le dégoût la survivance et les effets pervers du nazisme dans la province autrichienne. On peut s'étonner qu'un ouvrage comportant des scènes si maladroitement mélodramatiques ou grotesques soit maintenant traduit. Sans doute veut-on montrer la filiation des anathèmes que, de Thomas Bernhard à Elfriede Jelinek, les écrivains autrichiens jettent sur leur patrie. Par une illustration spectaculaire, voilà qui est fait.