fiction TV

«Hard Sun», sous le soleil approximativement

Canal+ montre ce lundi soir la nouvelle création de l’auteur de «Luther». Une série pré-apocalyptique qui s’enlise dans ses sous-intrigues au lieu d’en venir à la fin du monde

A force de vouloir gagner du temps, on en perd. Cet aphorisme aussi puissant qu’approximatif vaut bien pour Hard Sun, la nouvelle série de Neil Cross, que Canal+ dévoile ce lundi soir. L’idée générale se révèle passionnante, mais cette première saison de six épisodes se noie dans les détails.

Une clé USB commence à circuler, qui contient des documents effarants. L’humanité n’aurait plus que cinq années à vivre sur une planète exténuée, face à un soleil qui absorberait tout. Hard Sun commence ainsi, avec l’enquête de deux policiers (Agyness Deyn et Jim Sturgess) autour d’un assassinat qui concerne la fameuse clé USB.

L’imminence de la fin

L’ambiance pré-apocalyptique a de quoi captiver le spectateur. Pendant quelques épisodes, Hard Sun se concentre sur des individus convaincus de l’imminence de la fin, et qui virent à la violence. On peut y trouver quelques échos de Millennium, le détour crépusculaire de Chris Carter dans les années 1990, dans l’ombre de The X Files.

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Créateur de Luther, Neil Cross a en tête la chanson «Five Years» de David Bowie, dans l’album Ziggy Stardust. Le scénariste souhaite déployer son histoire en cinq saisons, afin de coller à son compte à rebours. Il clôt son dernier épisode de la première livraison avec un sursaut qui ramène le feuilleton vers le chemin aveuglant de la fin.

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Mais entre-temps, il louvoie. Les histoires personnelles des deux protagonistes, opposés et même montés l’un contre l’autre, prennent une place aussi injustifiée qu’emberlificotante. L’intrigue se complexifie en sous-trames peu intéressantes. L’auteur va jusqu’à ramener la fin du monde à un frisson en marge de l’ordinaire de ses épisodes, ce qui est un comble.

Des virages pour temporiser, mais qui finissent par faire oublier la menace de l’astre central. Hard Sun vit ainsi un lent affaiblissement au fil des chapitres avant, donc, un rebond ultime, qui peut donner, malgré tout, envie de regarder la suite. Mais alors, ce sera avec un regard brûlant comme le soleil.

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