États-Unis

Harvey Weinstein trouve un accord avec certaines de ses victimes

Cet accord de 25 millions de dollars mettra fin aux poursuites engagées par toutes les femmes qui en accepteraient les termes. En revanche, cette transaction, qui reste à valider par un juge, sera sans effet sur les poursuites au pénal

Le journal américain le New York Times a révélé mercredi qu'un accord de principe a été trouvé pour indemniser des victimes présumées d'Harvey Weinstein, prévoyant le versement de quelque 25 millions de dollars à des dizaines de femmes l'accusant d'abus sexuels. Un accord de principe confirmé à l'Agence France Presse (AFP) par l'avocat d'une d'entre elles, Aaron Filler, représentant de l'actrice Paz De La Huerta, qui affirme avoir été violée par Harvey Weinstein en 2010.

Lire aussi: Le procès d'Harvey Weinstein reporté à janvier 2020

Au total, selon le New York Times, les assureurs de l'entreprise d'Harvey Weinstein et son frère Bob, The Weinstein Company, en dépôt de bilan, ont accepté de verser 47 millions de dollars aux victimes présumées de harcèlement et d'agression sexuelles, mais aussi aux créanciers du groupe. Harvey Weinstein n'aura donc pas à débourser le moindre dollar de la somme prévue, même pour ses frais de justice au civil, selon le journal.

Cette transaction, qui reste à valider par un juge, serait sans effet sur l'action contre Harvey Weinstein au pénal. Le producteur doit comparaître en procès à partir du 6 janvier à Manhattan pour répondre d'accusations d'agressions sexuelles sur deux femmes, qui lui font risquer la perpétuité.

Un accord dénoncé par certaines victimes

En cas de validation, cet accord mettra fin aux poursuites engagées par toutes les femmes qui en accepteraient les termes, les autres conservant leurs droits à réclamer réparation devant les tribunaux civils. Selon le Wall Street Journal, il soldera aussi l'action engagée au civil par le procureur de l'Etat de New York contre les dirigeants de la Weinstein Company pour négligence.

Plusieurs victimes du producteur ou leurs avocats ont immédiatement dénoncé les conditions de cet accord de principe. «Si c'est ce que les survivantes (d'agressions) peuvent obtenir de mieux, le système ne fonctionne plus», a déploré le mouvement de défense des droits des femmes Time's Up, né peu après l'éclatement de l'affaire Weinstein.

Lire aussi: Harvey Weinstein, vu par ses proies

«Nous rejetons l'idée selon laquelle cet accord serait le meilleur possible pour les victimes», a commenté Douglas Wigdor, avocat de deux femmes affirmant avoir été agressées par le créateur du studio Miramax. L'avocat a indiqué que ses clientes n'entendaient pas renoncer à leurs poursuites en justice. 

Les actrices les plus connues restent muettes

Pour plusieurs des femmes qui mettent en cause le producteur déchu, un accord amiable constitue le seul recours, les faits anciens étant prescrits. Au total, plus de 80 femmes ont accusé l'ancien producteur indépendant d'agression sexuelle ou de harcèlement, notamment plusieurs actrices de premier plan.

Les plus connues d'entre elles, notamment Gwyneth Paltrow, Angelina Jolie ou Salma Hayek n'ont pas participé aux négociations et n'ont pas non plus poursuivi Harvey Weinstein en justice.

Publicité