Vingt artistes sont exposés dans l’aile gauche du Centre de la photographie Genève (CPG). Les Lois de l’improbabilité est une petite exposition présentant des œuvres précédemment accrochées en ces lieux, et ayant depuis intégré les collections de la ville et du canton. A priori, donc, pas de liens thématiques entre les travaux présentés. Le titre de l’expo souligne bien son caractère éclaté. Au visiteur dès lors de la regarder comme un ensemble hétéroclite ou, selon ses envies et inspirations, de tenter de trouver du lien.

Ce qui frappe, d’abord, c’est la prédominance du bâti, de même qu’une certaine étrangeté se dégageant de plusieurs images. A l’entrée, c’est un grand format de Georg Aerni occupant l’entier d’un mur, Tsz Wan Shan (2000), que l’on remarque d’abord. On y voit de hautes barres d’habitation qui, au premier regard de loin, peuvent évoquer des bandes de pellicules argentiques. Plus loin, tirées de la série Palais des Nations (2018), deux photographies de François Vermot prises dans les dédales du bâtiment de l’ONU; on découvre sur l’une d’entre elles des cabines téléphoniques d’un autre âge, comme surgies d’un film de science-fiction rétrofuturiste. Elle répond à un cliché de Christophe Rex, Cafétéria en sous-sol, Boston (2005): même sensation de découvrir un lieu atemporel, que l’absence de silhouettes humaines rend intrigant, comme un décor abandonné.