C’est un livre contre lequel il faut se battre. Parce qu’il vous prend à revers par la forme et par le fond. Qu’est-ce qu’il raconte? Comment il le dit? Les réponses, quelques fois, vous échapperont – mais ça voudra dire que vous avez accepté de monter sur le ring. Et si vous vacillez sous les coups de pages indéfinissables, dites-vous que c’est justement en étant un peu sonné qu’on s’ouvre à l’altérité de cette langue et de cette expérience.

En résumé, le Jurassien Stéphane Montavon est enseignant, écrivain (Crevures, son recueil de nouvelles sorti en 2016 aux Editions d’Autre Part, avait déjà tout de la lecture agoniste) et maraudeur de sons. Entendez par là qu’il se livre au noble art du field recording, cette pratique qui consiste à partir micro en main pour recueillir les bruits et les voix du monde qui nous entoure.