Dimanche 27 juin prenait fin à Saint-Claude le 14e Festival de musique du Haut-Jura. Essaimant dans les temples, abbayes et cathédrales des hautes et basses montagnes de la région, cette manifestation faisait une large place à la musique sacrée et baroque. Aucun mauvais esprit de chapelle, pourtant: de l'Ensemble Elyma (qui redécouvre les musiques anciennes d'Amérique latine) à l'Orchestre national de Lyon, en passant par les Cuivres du Jura, le festival réunissait des praticiens de haut vol.

Samedi 19 juin, alors que la Fête de la musique battait son plein dans les rues de Nyon, les cuivres anciens des Sacqueboutiers de Toulouse et la mezzo soprano Guillemette Laurens jouaient et chantaient Schütz, Frescobaldi, Van Eijk, Monteverdi. Le concert n'était pas dépourvu de cet érotisme qui s'attache à la voix d'une cantatrice et à des instruments aussi typés que le cornet à bouquin et la

sacqueboute.

Vendredi 25 juin, dans le beau décor guindé de l'Abbaye de Bonmont, près de Cheserex, le quatuor vocal La Colombina chantait a cappella, sous la direction du baryton Josep Cabré, divers fragments d'offices des ténèbres et de lamentations,

notamment de Monteverdi. L'austérité du choix n'excluait ni la grâce latine, ni l'humour charmeur. Le lendemain, en l'église de la ville industrieuse et haut perchée de Morez (en plein Jura, cette fois), l'Ensemble 415 de Genève interprétait Vivaldi sous la direction de la violoniste baroque Chiara Banchini. A Morez, la voix déliée du contre-ténor Martin Oro s'alliait parfaitement à l'interprétation subtile et précise de l'ensemble.