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Perché à 1200 mètres d’altitude, Hautes Fréquences propose un programme varié et pointu, visant les découvertes plutôt que les têtes d’affiche. 
© Hautes Fréquences

Festival

Hautes Fréquences, le petit festival qui s’accroche

Malgré les pépins logistiques et météo rencontrés ces dernières années, Leysin accueillera ce week-end la 5e édition d’une manifestation intimiste et éclectique imaginée par des jeunes du coin

Il y a ces mastodontes où l’on papillonne de scène en scène en piétinant la poussière, où l’on s’amasse en foules compactes sous les écrans géants. Et il y a ces festivals de plus petite taille qui cherchent à faire remuer, le temps d’un week-end, un coin de montagne. Hautes Fréquences est de ceux-là.

Alors que le marathon Montreux Jazz-Paléo Festival se termine à peine, laissant les bottes boueuses et les jambes courbaturées, on s’agite déjà sur les hauts de Leysin. Cédric Streuli et Benoît Erard viennent de réceptionner un camion entier de matériel et s’apprêtent à monter les installations. Cette fin de semaine, la station alpine accueillera la 5e édition de la manifestation qu’ont créée les deux jeunes Vaudois avec une bande de copains.

L’un est musicien, l’autre ingénieur du son. Aucun n’avait d’expérience dans le domaine de l’événementiel mais tous deux partageaient un rêve: «inviter les groupes qu’on aime dans ce décor incroyable», détaille Cédric Streuli, directeur artistique du festival. Perché à 1200 mètres d’altitude, Hautes Fréquences propose un programme varié et pointu, visant les découvertes plutôt que les têtes d’affiche. Pour les organisateurs, il y a dans la région un public ouvert aux découvertes, enclin à passer un week-end à Leysin pour vivre une expérience intimiste. «C’est comme le tourisme: certains aiment passer l’été sur la Costa Brava, alors que d’autres préfèrent des destinations plus reculées», sourit Cédric Streuli.

Epais brouillard

Mais rien n’était gagné d’avance. Après s’être fait déloger de son lieu-dit à deux reprises, Hautes Fréquences connaît une édition 2016 particulièrement difficile. «Au vu du succès de l’année précédente, on s’était un peu reposés sur nos lauriers et on a fait notre promo dans la précipitation», admet Benoît Erard. Le froid et un violent orage finissent de doucher les enthousiasmes, laissant l’équipe avec une dette considérable.

Des déboires qui ne sont pas sans rappeler ceux qu’avait connus, vingt ans plus tôt, le Leysin Rock Festival. Pionnier des manifestations musicales en montagne, celui qui s’est tenu dans la station vaudoise de 1987 à 1992 avait enchaîné les désastres météo, le brouillard empêchant parfois d’apercevoir jusqu’aux artistes se produisant sur scène.

Soutien massif

Maudits, les sommets leysenouds? Les jeunes organisateurs n’y croient pas une seconde. «Ces risques font partie des règles du jeu en montagne», assurent-ils. La preuve, deux autres festivals, de musique électronique, se sont depuis implantés dans le paysage.

Alors l’équipe, ne comptant pas ses heures, organise de petits concerts ponctuels et lance une campagne de crowdfunding pour renflouer les caisses. Le soutien est massif. Si bien qu’Hautes Fréquences revient en cette fin juillet plus vibrant que jamais: pour la première fois, la place des Feuilles accueillera deux scènes et quelque 17 concerts. Entre autres, celui de Deux Boules Vanille, duo de batteurs français mêlant furie tribale et synthétiseurs analogiques, ou ceux des talents suisses Louis Jucker et Emilie Zoé. A noter que le samedi dans la journée, le festival ouvrira ses portes et proposera activités et sets de DJ, le Chamossaire en fond, à tous ceux qui grimperont pour en profiter.


Hautes Fréquences, ve 27 et sa 28 juillet, Place des feuilles à Leysin

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