Genre: Autobiographie
Qui ? Jung-Stilling
Titre: Les Années de jeunesse de Heinrich Stilling
Une Histoire vraie
Chez qui ? Traduction d’Yves Wattenberg

Comment un jeune homme pauvre peut-il échapper à sa condition, au milieu du dix-huitième siècle, alors qu’il a la passion des livres? Devenir instituteur, c’était le rêve de Heinrich Stilling, né en 1740, dans la campagne de Westphalie. Le père, un petit tailleur piétiste «excessivement pieux», tenta de lui inculquer son métier et la résignation aux volontés divines. C’était compter sans l’acharnement de Stilling qui parvint à se former en autodidacte, devint un chirurgien, spécialiste de l’opération de la cataracte, et un maître à penser en morale et religion pour les «communautés Stilling» dans le monde. Les Années de jeunesse (1778) font partie d’un vaste projet autobiographique encouragé par Goethe. Devenu Jung-Stilling, au faîte de son ascension sociale, le savant se penche sur ce Heinrich si maladroit, qui subit durement les humiliations lors de ses débuts d’enseignant – précepteur de nobliaux mal élevés et méprisants, ou instituteur au milieu de paysans frustes et méfiants. Chassé de partout, maltraité par sa famille, toujours empli d’espoir et de foi dans un plan divin, Stilling se réfugie dans les livres. Il en a nourri une écriture que Nietzsche estimait «un sommet de la prose allemande». C’est aujourd’hui encore un récit de vie prenant, un peu trop mouillé de larmes pour le goût actuel, mais empreint d’une énergie et d’une capacité de résilience toujours séduisantes. C’est aussi la peinture réaliste d’un monde rural misérable et borné.