Longue silhouette qui n’en finissait pas, sourire très doux, Henri Stierlin avait l’érudition joyeuse. Lui qui aimait chercher hors des sentiers battus et des amphithéâtres académiques, aura incarné jusqu’au bout le bonheur d’apprendre cher à Montaigne. Gentleman-penseur, l’historien de l’art et de l’architecture s’en est allé le 10 septembre, à Genève, à l’âge de 94 ans. De 1978 à 2016, d’Ispahan à Teotihuacan, de Damas à Cordoue, il laisse près de 80 ouvrages consacrés aux civilisations antiques, dont de nombreux beaux livres aux photographies somptueuses (coréalisées par son épouse Anne Stierlin et son beau-fils Adrien Buchet qu’il avait formés). A quoi s’ajoutent des centaines d’articles et de conférences, de nombreuses émissions de radio et des documentaires pour la télévision qui ont fait date.