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L'étonnante Milly Shapiro, qui incarne la benjamine de la famille.
© A24/NIFFF

fantastique

Avec «Hereditary», le NIFFF tient son film événement

Le Festival international du film fantastique de Neuchâtel a dévoilé le premier long métrage de l’Américain Ari Aster, avec Toni Collette et Gabriel Byrne. Une histoire de malédiction post-deuil qui fait ravage partout où elle est montrée. A juste titre

La grand-maman décède, et tout s’écroule. Ou plutôt, et le cauchemar commence. Le Festival international du film fantastique de Neuchâtel (NIFFF) a commencé fort samedi soir en dévoilant ce qui s’impose comme le film événement du genre cette année. Il sera encore montré vendredi. Premier long métrage de l’Américain Ari Aster, Hereditary fait mouche partout où il est montré, depuis le festival de Sundance jusqu’à Neuchâtel, où il a marqué les festivaliers. Il sort en salles en Suisse romande le 18 juillet.

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Décès, effroi et spiritisme

La grand-mère de la famille Graham est donc morte. Le père Steve (Gabriel Byrne), la mère Annie (Toni Collette) et leurs deux enfants Peter et Charlie, la plus jeune, vivent dans une grande maison façon début XXe siècle, aux lustres style Art déco, en corbeille, assez éloignée des villes dans cet Ohio dispersé. Chacun accuse le coup comme il peut. La mère vivait avec le quatuor depuis une hospitalisation.

Mais voilà que survient un deuxième drame, plus cruel, si l’on peut dire. Alors que circulent dans la ville des publicités en faveur du spiritisme, pour lequel la grand-mère a manifesté un intérêt, le clan familial se disloque peu à peu. Chaque tentative de revenir à une certaine normalité, ou tout au moins à ce qui représentait la vie d’avant, est contrée par une cascade d’événements tragiques, et terrifiants.

D’abord, un drame familial

Au magazine Mad Movies, qui parle d’un possible «choc de l’année», Ari Aster a expliqué n’avoir pas visé le genre de l’horreur en soi: «Quand je pitchais le film, je disais qu’il s’agissait d’un drame familial virant au cauchemar.» Il vante néanmoins les atouts du registre fantastique; en particulier, celui-ci permet de concevoir des films moins onéreux qu’avec d’autres ambitions…

Drame familial, Hereditary l’est sans conteste. Toni Collette en fait parfois trop, mais elle affole son monde, et le spectateur, à travers ses divers visages, son somnambulisme trouble – même parfois comique –, et surtout son inexorable progression dans l’obsession. A l’inverse, Gabriel Byrne, qui porte le public sur ses épaules voûtées, excelle dans son rôle de père sans aucune vie intérieure exprimée, de perpétuel témoin qui, seul, tente de faire tenir un ensemble familial toujours plus centrifuge. Il incarne une désespérante banalité, vouée à disparaître.

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En fait, un film d’épouvante classique

Les responsables du NIFFF, qui ne cachent pas leur affection pour ce film en Compétition internationale, parlent d’une œuvre qui «détourne les codes du genre». Au contraire, le film les applique avec rigueur et talent, en se surexposant parfois – notamment par la bande-son –, mais en installant une épouvante progressive et implacable.

Nombreux sont ceux qui invoquent L’Exorciste en guise de référence. Soit. Mais sans profaner le vénérable film du curé au lampadaire, Heredity a pour lui une plus grande sophistication dans sa dramaturgie horrifique. Malgré un inutile verbiage en fin de parcours, Ari Aster réussit à combiner tradition du frisson et modernité de narration. Le statut de classique express de son long métrage est mérité.


Hereditary (Hérédité), d’Ari Aster, 2h. Au Festival international du film fantastique de Neuchâtel, vendredi 13 juillet, 20h. En salles en Suisse romande le 18 juillet.

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