Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Un chat dessiné par Steinlein
© BDFIL

Festival

Histoires de chats et de pieuvres à BDFIL

Le festival lausannois de bande dessinée dévoile son programme. La dessinatrice Anna Sommer est l’invitée d’honneur et la gent féline y fait patte de velours

Bien sûr, il y a Max & Moritz, de Wilhelm Busch, et les délires furieusement gais de Ralf König, et encore le magazine Strapazin à Zurich. Sinon, les régions germanophones n’ont guère été touchées par la grâce des petits Mickeys. Heureusement, Anna Sommer est arrivée. Née en Argovie, la «pionnière de la nouvelle bande dessinée helvétique» contribue à l’esthétique rock de Lausanne dans les années 90: elle publie dans Good Boy et Vibrations, signe les affiches de la Dolce Vita avant d’être éditée en France par l’Association.

Parce qu’il y avait une presse dans la maison de son enfance, l’artiste a commencé à travailler à la pointe sèche. Plus tard, elle a délaissé la gravure pour se tourner vers le papier découpé, signant des portraits dont la délicatesse n’égale que la sensualité. A la rentrée, elle publie un album de bandes dessinées, L’Inconnu. Après Blutch et Derib, elle est l’invitée d’honneur de BDFIL. Elle a créé l’affiche d’un érotisme subtil sur laquelle une femme se sert d’une pieuvre comme pinceau.

Quand Anna griffe la plaque de zinc, les chats font patte de velours. Théophile-Alexandre Steinlen, auteur de la célèbre affiche du Chat Noir, signe en 1884 la première planche de BD jamais publiée par un Lausannois: une bagarre entre un matou et un corbeau. D’Aloys à Zep, en passant par Cosey, Kamagurka, Mandryka, Markus Raetz, Tebo et Tirabosco, cinquante artistes inventent une suite aux Chats de Steinlen.

Bananes blondes

Il a une banane blonde et il est héros de bande dessinée… Facile! C’est Titeuf! Euh non, les enfants – même si le personnage de Zep a droit à une exposition centrée autour d’A fond le slip!, quinzième album de ses aventures. Il s’agit de Cowboy Henk, de Herr Seele. Sous sa houppe blonde, ce solide flandrin a la pipe de l’oncle Paul et le menton de Buck Danny. En lui se concentre l’essence de l’absurde belge.

Parmi les autres expositions scintillent V pour Vertigo, qui donne à découvrir le label britannique d’une autre bande dessinée américaine, un hommage à Mix & Remix, les 20 ans de la revue Drozophile, Un certain Frédéric Pajak, Rêveries urbaines qui invente des villes plus conviviales ou La mise en bûche, autour du fanzine La bûche qui entend féminiser la bande dessinée…

L’école d’art Ceruleum lance Les 24 heures de la bande dessinée, soit une journée pour concevoir 23 pages et une couverture (www.ceruleum.ch). Le Forum de l’Hôtel de Ville est dévolu à la microédition, un phénomène que le festival entend défendre. Quant au concours Nouveaux Talents, il avait pour thème «La Vague».

Pour prolonger les expositions et l’esprit de fête pendant douze mois, il y a le numéro 3 de la revue annuelle Bédéphile. «Le premier numéro était très beau, le deuxième était monstrueusement beau, le troisième est une véritable tuerie», promet Dominique Radrizzani. Il se peut que le directeur de BDFIL ait raison.


BDFIL. Lausanne. Du 14 au 18 septembre.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo culture

Comment faire peur au cinéma?

Du «Voyage sur la Lune» à «La nonne» en passant par le «Projet blair witch»: comment le film d'épouvante est-il né et comment ses codes ont-ils évolué au fil du temps? Décryptage en images

Comment faire peur au cinéma?

n/a