«Boucle d’or au musée». L’histoire de Boucle d’Or, vous connaissez. Et les illustrations de ce conte aussi, même si elles vont vous surprendre.

Amel Khaldi-Bonnaud a en effet associé les péripéties du conte à des toiles ou des œuvres de maîtres. Bien loin de l’horizon d’attente des enfants, ce parti pris audacieux ouvre plus grand encore les portes de leur imaginaire.

La jeune héroïne a les traits de la Vénus de Botticelli, les champs dans lesquels elle se promène sont illuminés par les coquelicots de Monet. La soupe sur la table sort de la fameuse boîte d’Andy Warhol; la peur des ours découvrant Boucle d’Or endormie prend les traits du Cri de Munch. Les chaises? Van Gogh, Picasso. Le bol et sa cuillère (en fourrure)? Meret Oppenheim.

Planter des graines de connaissances

On parcourt les siècles, les styles, la curiosité de l’enfant lecteur est titillée par une si grande variété de tons, une si grande liberté, jusque dans le recadrage des toiles, les interprétations.

Comme souvent dans ce genre d’ouvrages, il s’agit de planter de petites graines d’intérêt, de connaissances aussi, mais sans aucun pédantisme, pour le bonheur de prendre le petit lecteur par la main à travers une galerie (recensée en fin d’ouvrage) d’œuvres qui lui parlent, aidé en cela par une histoire familière.


Amel Khaldi-Bonnaud, «Boucle d’Or au musée», Actes Sud junior. Dès 5 ans.


Histoires naturelles en couleurs

Quel bel ouvrage que ces «Histoires naturelles»! Le format, la typographie, les teintes…

Onze des merveilleuses… «Histoires naturelles» de Jules Renard sont ici illustrées, en pleine page, par Jean-François Martin, l’un des «complices» d’Eric Chevillard dans Le Monde des livres.

Un travail pour la presse qui a dû rendre service à l’artiste, tant les contraintes de «La Collection», nouvelle chez Grasset, sont grandes: une seule semaine pour interpréter les textes, avec une palette limitée à trois ou quatre couleurs.

Intemporalité offerte

Le résultat est splendide: les formes, souvent massives («Le Chat», «La Grenouille», «Le Cochon», «La Poule»), occupent énigmatiquement l’espace de la page, tandis qu’ailleurs («L’Ecureuil», «La Chèvre», «Le Goujon», «Le Cerf»), le jeu des lignes promène avec humour le regard ou l’invite à des rêveries surréalistes.

Ici aussi le patrimoine est mis en valeur par l’interprétation esthétique qu’il inspire, Jean-François Martin offrant aux écrits de Jules Renard, peut-être plus encore qu’une modernité, une remarquable intemporalité.


Jules Renard, Illustrations de Jean-François Martin, «Histoires naturelles», Grasset/La Collection. Dès 6 ans et pour tous.