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Chloë Sevigny

«Hit and Miss» ou le mélange des genres

Une transsexuelle, tueuse à gages. Drôle d’intrigue a priori. Signé des Anglais Paul Abbott et Sean Conway, porté par Chloë Sevigny, «Hit & Miss» s’avère captivant

La série avait d’emblée suscité quelques émois, avant même qu’elle ne soit visible, par son sulfureux point de départ. Car la fiction anglaise Hit & Miss repose sur le personnage de Mia (Chloë Sevigny), une tueuse à gages transsexuelle. Pas moins. Les premières minutes de cette mini-série en six épisodes, sortie en DVD, jouent d’entrée de jeu sur le contraste des genres; quasi-androgyne sous capuche, Mia abat un homme sur le toit d’un parking, avant de rentrer dans son loft se doucher, dévoilant seins et pénis.

Créée par Paul Abbott, à qui l’on doit notamment l’excellent suspense politique State of Play (2003), et écrite par Sean Conway, Hit & Miss, à n’en pas douter, trouble son téléspectateur. Mais la part de transsexualisme qui en constitue l’argument principal n’est pas la seule à participer à cet effet de surprise. Peu à peu, elle s’assimile même, ou se dissout, dans l’intrigue d’une certaine densité, servie par une remarquable réalisation. Mia se découvre père. Lorsqu’elle était Ryan, sa compagne d’alors lui avait caché la naissance d’un fils, lequel a aujourd’hui 10 ans. Décédée d’un cancer, l’ancienne petite amie a confié la garde du fiston et de ses trois frère et sœurs à Mia. Celle-ci doit jongler entre cette nouvelle charge, dans une ferme de la campagne anglaise, et ses contrats à exécuter en ville.

En Mia, l’Américaine Chloë Sevigny compose un rôle passionnant. Mais comme souvent dans le monde de la fiction britannique, c’est l’ensemble de la distribution qui donne forme à ce projet de prime abord abstrait, axé sur une recherche d’identité qui, si elle porte justement sur le corps, demeure tapie au fond de la psyché de l’héroïne, sans cesse brusquée par sa vie anonyme – légalement, elle n’a aucune existence officielle. Les jeunes acteurs, deux enfants et deux ados, captivent par leur seule présence, leurs questions, leurs colères.

Hit & Miss joue ainsi d’une multitude de contrastes: le paysage urbain et la lande, les sexes opposés ou contrariés, la famille non voulue mais soudain assumée. L’image terrienne, au ras de l’herbe foncée, élargit ces espaces en décadrant les plans de voitures en route ou de personnages à la recherche d’un disparu. Elle accroît l’envoûtement que provoque ce conte, de quête et de perditions.

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