Documentaire

«Homecoming», ce plaidoyer de Beyoncé pour la culture noire

Mis en ligne le 17 avril dernier sur Netflix, le documentaire revient sur la prestation historique de l’artiste à Coachella l’an dernier. Une performance saisissante rythmée par un making of touchant dans lequel Queen B fait la part belle à la culture noire

Sur le papier, on imaginait une simple rediffusion. Celle de son concert sur la scène de l’Empire Polo Club d’Indio, en Californie, à l’occasion du festival Coachella l’an dernier. Mais avec Homecoming, Beyoncé revient aussi à ses origines. Pendant plus de deux heures, le documentaire oscille entre performances hors du commun, making of et confessions. Mis en ligne le mercredi 17 avril sur Netflix, le film, entièrement produit par Queen B, enflammait déjà la Toile quelques heures après sa diffusion.

L’ancienne First Lady Michelle Obama s’est d’ailleurs empressée de féliciter l’artiste sur les réseaux sociaux: «Tu l’as fait, encore une fois. Tu as placé la barre encore plus haut pour nous toutes et tu l’as fait parfaitement. Je pourrais dire que je suis surprise, mais je sais qui tu es.»

Un mea-culpa au-delà de toutes espérances

Coachella l’avait déjà annoncée en tête d’affiche en 2017. La diva avait dû renoncer en raison d’une grossesse compliquée. Le documentaire revient sur ces douloureux moments, l’arrêt du cœur de l’un de ses jumeaux qui lui vaudra une césarienne d’urgence. Le film détaille aussi les 99 kilos qu’elle pesait quelques mois avant sa performance sur scène et la manière dont, pendant près d’un an, l’artiste a pensé ce show qu’elle voulait unique. Pour elle, il était exclu de rater le coche une seconde fois, ce retour sur scène après l’accouchement devait être grandiose, pour mieux rattraper les déceptions de l’année précédente.

Lire Enceinte de jumeaux, Beyoncé enfièvre le Web

En fait, on découvre un genre de mea-culpa composé d’un impressionnant décor de gradins d’universités, d’une succession des plus grands hits de la diva, de chorégraphies d’une précision militaire, de costumes conçus par le directeur artistique de la maison Balmain, le Français Olivier Rousteing, et bien évidemment des invités surprises: d’abord son mari Jay-Z, puis ses deux anciennes acolytes de Destiny’s Child, Michelle Williams et Kelly Rowland, et enfin sa petite sœur Solange.

Une ode à la culture noire

Elle aura été la première femme afro-américaine à figurer au sommet de l’affiche de l’emblématique festival californien. En ce sens, Beyoncé semble avoir fait de Homecoming un véritable plaidoyer pour la culture noire états-unienne. Tout au long du documentaire ont été essaimées les puissantes voix de ses mères spirituelles, parmi lesquelles celles de Maya Angelou ou de Nina Simone.

Lire aussi:  Beyoncé, un éveil politique

«Quand j’ai décidé de faire Coachella, plutôt que de me munir de ma couronne de fleurs, je trouvais plus important de mettre en avant notre culture», explique-t-elle. L’entièreté de son show tourne donc autour de cette culture qui lui tient tant à cœur. Toute la mise en scène s’inspire des universités américaines traditionnellement noires (HBCU – Historically black colleges and universities).

Ces établissements créés avant l’abolition des lois ségrégationnistes, dans le but de servir principalement la communauté afro-américaine, symbolisent à merveille certains des aspects de la black culture. Sur l’immense gradin de la scène se succèdent alors les performances de stepping ou encore de Krump, ces danses intenses qui incarnent l’identité noire. Tous les styles, tous les corps sont représentés.

«J’ai toujours rêvé d’étudier dans une université traditionnellement noire, mais mon université à moi, c’était Destiny’s Child, c’était mes voyages, et la vie était mon professeur», explique Queen B. Homecoming devient alors sa confession. Propulsée au sommet dès son plus jeune âge, Beyoncé Knowles n’a connu presque que la gloire. Le temps d’un instant, la scène de Coachella semble avoir comblé ses regrets, ses actes manqués.


«Homecoming», de Beyoncé Knowles-Carter (Etats-Unis, 2019), disponible sur Netflix (2h17).

Publicité