Que fera Carrie après le refus de Jonas, son compagnon, elle qui cherchait à atteindre une forme de normalité – et de famille? Comment l’espionne va-t-elle s’en sortir au terme de son dernier rendez-vous avec Quinn? Donc, comment Homeland va-t-elle exister à nouveau avec force, dans sa sixième saison? L’enjeu est d’importance pour les stratèges de la série géostratégique, qui revient cette semaine.

Déjà The Exorcist

Le défi n’est pas mince non plus sur un plan helvétique. Le canal qui va dévoiler Homeland 6 en primeur, mercredi 18, est Teleclub, commercialisé en Suisse romande par Swisscom TV. Il suit de peu HollyStar, autre service en ligne.

Les épisodes seront fournis, sous-titrés, 48 heures après les Etats-Unis. Ce diffuseur a ouvert le robinet des séries à l’automne passé et, outre un poids lourd comme The Big Bang Theory, il a pu se faire connaître avec deux jolies exclusivités, les feuilletons dérivés Lethal Weapon et, surtout, The Exorcist.

Que ce nouvel acteur, encore modeste, propose une série aussi populaire et de prestige que Homeland confirme le foisonnement du secteur, aussi bien dans la production de séries que dans leur offre, c’est-à-dire le nombre de boutiques qui en vendent.

France Télévisions veut faire bondir la fiction

L’extraordinaire vitalité du secteur est indubitable. Cette semaine, la nouvelle patronne de France Télévisions Delphine Ernotte a annoncé son intention, dans un contexte pourtant morose, d’augmenter la production de fictions de 50 % en trois ans. Ce «nouvel élan pour la fiction française» se traduira notamment par le lancement d’un feuilleton quotidien sur France 2 en 2018, et un accroissement des coproductions, à l’image de la récente série sur la mode The Collection, joint venture entre France 3 et la BBC.

La production bouillonne, et voici que les vecteurs se multiplient. L’arrivée, discrète mais assurée, de Teleclub ajoute une pastille sur la palette dont bénéficie l’amateur romand. Plus récemment, il a découvert l’accès à Amazon Prime Video. On se bouscule pour offrir des séries aux boulimiques. Quoique le terme d’«offrir» est évidemment abusif; dans chaque cas, il faut payer en plus. La fiction a son prix – en hausse, comme son offre.


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