Le nom de l’appareil évoque la Grèce antique et une déesse de la guerre. Le casque et les vêtements moulants rappellent la série Bioman. Le slogan affirme la puissance. Quel est l’ennemi à anéantir? La poussière. Evidemment, la combattante est une femme. Sans visage, mais avec des formes et des talons hauts. Un aspirateur entre les jambes.

Que le ménage reste le domaine réservé des épouses et mères de famille dans la publicité est déjà un fait hautement contestable et énervant. Qu’on essaie de faire passer la pilule en transformant des bonniches en «wonderwomen» frise l’insulte. Il n’y a ni gloire, ni salut à tirer d’une bataille contre des minons. «Offrez-vous la puissance, Hoover vous offre le temps», assure l’annonce. Le temps de quoi? De changer quelques couches, de mitonner un plat pour son tendre époux avant qu’il ne rentre du travail – parce que lui, il travaille vraiment – ou peut-être de laver un carreau. Au fond oui, nombre de femmes ont un côté «wonder», jonglant entre trois vies, un métier, une maison, un homme et des enfants. Mais je doute que la marque d’électroménager vise à dénoncer ce déséquilibre pour mieux vendre ses suceurs de saleté.

Une chose m’échappe encore; la position de l’aspirateur. Il fonctionne sans fil, mais pas sans les mains. Pourquoi l’avoir dressé là plutôt que glissé entre les doigts de sa propriétaire? C’est un peu comme si l’ustensile venait remplacer le phallus dont la pauvrette n’a pas été pourvue. Je n’y connais rien en psychanalyse, mais il y a sans doute matière à réflexion. Si on a le temps.