faut voir

Hot dog

Evidemment, l’image fait à la fois froid dans le dos et mal au cœur. Un si joli chien attaqué au couteau électrique. Et je vous épargne la portée de chatons en civet ou le Hamsterburger. Chacune est accompagnée d’une recette détaillée. Pour le rosbif de teckel par exemple, il est bien précisé qu’il faut l’avoir nourri au préalable de pâtée relevée d’ail ou que la tête et la queue seront réservées pour la décoration finale.

Evidemment, ce recueil – Vous les avez aimés, mangez-les – n’est pas sérieux. Ou plutôt si. Les auteurs, Pascal Rémy et Jean Lecointre, entendent provoquer une réflexion sur «la souffrance animale aux seules fins de nos plaisirs gastronomiques» – et dans l’idée d’alléger nos dépenses, pourrait-on ajouter. En mettant en scène les compagnons de notre quotidien dans des assiettes, ils espèrent interpeller sur ce que l’homme est prêt à faire endurer – ou pas – à l’animal. Comment justifier les poulets en batterie d’un côté et, de l’autre, les toutous nourris de filet de bœuf et entourés de jouets aussi design qu’inutiles? Jusqu’où ira le grand écart? La question mérite assurément d’être posée et tant mieux si elle l’est de manière impertinente et cocasse.

Pour Noël, je crois que je vais offrir un chapon avant castration à mes enfants et farcir un dalmatien; ce sera joli avec les boules noires et blanches du sapin.

Vous les avez aimés, mangez-les, Pascal Rémy et Jean Lecointre, Editions de l’Epure