Toujours, Audrey Fleurot impressionne. Beauté hors catégorie, rousseur qui met le feu au ciel, voix basse faisant vibrer l’air: on ne peut pas ne pas remarquer l’actrice d’Intouchables quand elle déboule dans un film ou une série. Et débouler, c’est bien ce que fait Morgane, son personnage de HPI, série lancée ces jours par la RTS en primeur et par TF1, sa commanditaire.

Morgane fait des ménages car elle n’a jamais réussi à garder un boulot. Par ailleurs, c’est une personne à haut potentiel intellectuel. Son aventure commence lorsqu’elle fait chuter, en nettoyant les locaux de la police judiciaire de Lille, une pile de papiers et photos. Documents d’une affaire en cours, dont elle repère très vite les erreurs dans la lecture de la scène du meurtre. Moyennant une exigence posée en lien avec son passé (la recherche par la police du père disparu de sa fille aînée), elle accepte une offre peu banale: devenir consultante pour les enquêteurs criminels.

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Trois enfants, ça occupe

Morgane a trois enfants et doit les gérer tout en tentant de garder la tête hors de l’eau. Elle a son franc-parler, elle danse entre les bureaux avec son casque aux couleurs de l’Union Jack, elle arrive sur les lieux des drames sa bambine dans les bras, faute de place à la crèche. La collaboration avec l’inspecteur chargé de l’incorporer dans son équipe va se révéler, sans surprise, particulièrement explosive.

C’est TF1, ne demandons pas trop

HPI s’inscrit dans une mouvance assez large démarrée il y a quelques années aux Etats-Unis, la fiction policière à base de génies. Il y a entre autres la variation sur Sherlock Holmes Elementary, ou Scorpion, le club de geeks surdoués qui court-circuitent la lente police.

HPI reste une série policière de l’usine TF1. C’est peu complexe, les locaux du commissariat semblent sortis d’une boîte de Playmobil et les intrigues criminelles se révèlent assez peu captivantes. On relève un plaisant retour du vétéran Rufus, en voisin qui dépanne l’hyperactive.

Audrey Fleurot, radieuse insouciance

Mais bien sûr, il y a Audrey Fleurot, et le monde s’électrise. L’actrice en fait des tonnes dans les expressions de surprise béate ou de condescendance blasée face à ces simplets de flics. Minijupe en toile de jean, tatouage sur le sein gauche, cils qui dardent, elle compose une diva d’Aldi bousculant tous les codes. Elle amène une voix populaire dans un milieu verrouillé, tout en se singularisant par son extrême perspicacité.

La comédienne est loin de la victime Adrienne de Lenverpré du Bazar de la Charité, et surtout, de la tortueuse et sophistiquée avocate d’Engrenages, cette Joséphine Karlsson qui reste son grand rôle. Passé les enjeux des crimes et tout ce qui va avec, dans HPI, Audrey Fleurot semble retrouver la légèreté et l’insouciance de Kaamelott, lorsqu’elle campait une Dame du lac aussi exigeante que dépassée. Une frivolité radieuse.


«HPI». Série en huit épisodes de 55'. Diffusion hebdomadaire sur RTS Un, le mardi, et TF1, le jeudi.


A l’heure de la fin, en automne 2020: Un hommage à «Engrenages»