Si tu ne vas pas à Soleure, Soleure ira à toi. Rattrapé par la pandémie, le rendez-vous annuel du cinéma suisse s’est déplacé des bords de l’Aar aux écrans domestiques du Jura, du Plateau et des Alpes. Cet exode n’enlève rien à la grandeur de la 56e édition des Journées de Soleure, ni n’émousse sa volonté de rendre visible la cinématographie nationale: 221 films sont proposés en ligne, dont 170 dans le Panorama, qui regroupe les compétitions, Prix de Soleure, Prix du public, Upcoming Talents, les courts métrages et, pour la première fois, Opera Prima.

L’invité d’honneur est le producteur et réalisateur Villi Hermann, figure emblématique du cinéma de langue italienne. Les Histoires du cinéma suisse rendent hommage à sept pionnières qui, entre 1971 et 1981, ont ébranlé le bastion de la phallocratie. La section Focus ose prononcer un Eloge de la critique, cet art qu’il est si doux de dénigrer. Le festival ne renonce à rien, ni aux projections, ni aux débats. Ils ne se tiennent évidemment pas dans des salles combles et surchauffées mais en ligne (10 francs le film) et par Zoom dans des conditions sanitaires irréprochables. Rendez-vous sur le site du festival.