L'humour était l'une des armes du mouvement dada au début du siècle dans sa bataille contre les conventions et les idées reçues. L'un des exemples les plus célèbres de la dérision dada, c'est peut-être la Joconde détournée par Marcel Duchamp en 1919 qu'il a baptisé crânement des initiales LHOOQ.

Et aujourd'hui, quelle est la place de l'humour dans l'art contemporain? Le rire est-il une stratégie de création dans le monde assez austère et parfois hermétique des arts platiques? En d'autres termes: «L'art visuel est-il soluble dans le rire?». C'est le débat que lance la Fondation lausannoise pour l'art contemporain (FLAC). Des performances et une table ronde auront lieu ce samedi après-midi 18 novembre à Chorus à Lausanne.

L'un des intervenants sera Jean-Yves Jouannais, écrivain et critique d'art français. Il vient de réaliser une exposition importante à Reims sur le thème de l'idiotie, suite à la parution de son essai sur le même thème, paru en 2003. Cet «idiotiologue» a tenu à être entouré par des artistes qu'il considère comme des maîtres du genre, comme par exemple Pierrick Sorin, artiste vidéaste né à Nantes. Il réalise depuis plusieurs années des courts-métrages et des dispositifs visuels dans lesquels il se moque de l'existence humaine et de la création artistique.

Outre les artistes Elodie Pong (Suisse) et Pascal Bernier (France), le Napolitain Saverio Lucariello participera à la table ronde. Le rire est la force motrice de son œuvre.

Ce débat est la première manifestation de la jeune fondation, créée par des personnalités de l'art contemporain à Lausanne. Le thème du rire sera repris pour quelques accrochages cette saison.

«L'art visuel est-il soluble dans le rire?», Chorus, Lausanne, sa 13h-17h30 (rens: http://www.fondationflac.ch)