Une jeune fille marche nuitamment dans une rue déserte. Dans le lointain, on entend le bruit étouffé d’une sirène de police. Sydney a 17 ans, elle a le cheveu court et porte une robe blanche. Mais ce qu’on remarque d’abord, c’est son corps éclaboussé de sang, alors qu’elle ne semble pas être blessée. «Cher journal, va te faire foutre», entend-on alors en voix off avant que le titre de cette mini-série dévoilée fin février par Netflix ne vienne barrer l’écran. Les premières secondes de I Am not Okay with This sont pour le moins sidérantes et, bonne nouvelle, le reste est à l’avenant.

Sydney vient d’emménager, avec sa mère et son frère, dans une petite ville de Pennsylvanie. Jeune fille sans aucun signe distinctif, dit-elle, elle est profondément marquée par la mort de son père, survenue quelques mois auparavant. Elle n’a qu’une seule amie, elle aussi fraîchement débarquée dans cette banlieue morne de Pittsburgh, mais qui, contrairement à elle, est ultra-populaire. Pas très loin de chez elle habite Stanley, un jeune homme qu’elle trouve un peu étrange, mais qui finalement lui ressemble plus.

Violence et noirceur

Les sept épisodes de I Am not Okay with This pourraient être une chronique adolescente de plus, une de ces innombrables fictions observant un âge où on se cherche sans toujours se trouver. Si ce n’est que, rapidement, Sydney va découvrir qu’elle possède une sorte de force mentale lui permettant de matérialiser ses colères… Aurait-elle des superpouvoirs? Et le récit de flirter, en marge de son ancrage social et générationnel, avec le fantastique.

A l’instar de The End of the F***ing World (dont Netflix a produit deux saisons et avec laquelle elle a de nombreux points communs, dont un remarquable jusqu’au-boutisme dans la violence et la noirceur, mais aussi de beaux élans romantiques), la série est adaptée d’un roman graphique de Charles Forsman. Elle possède également comme atout majeur, outre un excellent casting, une incroyable bande-son faite de classiques rock (Prefab Sprout, Pixies, Roxy Music, Echo & the Bunnymen) et introduisant dans la narration le groupe Bloodwitch, dont Stanley est fan. Un groupe spécialement créé pour l’occasion par le guitariste de Blur, Graham Coxon… qui avait déjà signé la bande originale de The End of the F***ing World.

«I Am not Okay with This», mini-série en sept épisodes créée par Jonathan Entwistle et Christy Hall. Netflix.


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