Tout commence par une page blanche. Celle face à laquelle se trouve Arabella, jeune autrice londonienne en herbe, repérée après un improbable succès sur internet. Ses éditeurs attendent le premier jet d’un nouveau projet, mais ce soir-là Arabella est d’humeur à faire la fête. Alors elle troque l’ordinateur pour une soirée en boîte, évacue la pression en avalant des shots, puis semble perdre le contrôle. Et la revoilà le lendemain à sa table de travail, fignolant son texte. Ce qui s’est passé entre deux? Le trou noir – excepté un flash: un homme penché au-dessus d’elle, un sourire malsain aux lèvres.

Le point de départ de I May Destroy You, série événement du moment (acclamée par les critiques, du New York Times au Point), c’est cette agression sexuelle, qu’Arabella a subie sous l’emprise du GHB: le déni d’abord («le cerveau peut inventer des images, c’est une vidéo YouTube qui le dit»), la visite au poste de police ensuite, les examens, la reconstruction des souvenirs comme un puzzle. Mais contrairement à Unbelievable, sur Netflix, qui racontait brillamment le viol d’une étudiante et sa longue bataille pour être entendue et obtenir justice, I May Destroy You dépasse la recherche du coupable. Ses 12 épisodes d’une demi-heure forment une fresque, crue et explosive, sur le consentement, les relations et le désir à l’ère moderne. Avec une bonne dose de réalisme.