Depuis plus de quinze ans, la Grange de Dorigny programme un théâtre inventif et exigeant au cœur de l'Université de Lausanne, réunissant publics classique et académique dans la même soif de découverte. Marika Buffat et Dominique Hauser, co-programmatrices, présentent la nouvelle saison qui débute mardi avec MW (magic woman), d'Anne-Cécile Moser.

Le Temps: Quelles nouveautés pour cette saison 2008-2009?

Dominique Hauser (D.H.):Pour la première fois, les spectateurs sont invités gratuitement aux répétitions générales de chaque spectacle. L'opération s'appelle «Lancez-leur des fleurs!», car on distribuera des fleurs en plastique et le public les lancera ou non, en fonction de son enthousiasme. Enfin, nous avons changé de visuel et les nouvelles affiches et programmes conçus par le duo genevois Federal Bureau sentent bon la paille chaude et les idées fraîches!

- Pippo Delbono sera présent, alors qu'il est programmé dans le In du Festival d'Avignon... votre secret?

D.H.:Une ambiance chaleureuse et un accueil attentif! Les compagnies reviennent volontiers à la Grange, car ici, on aime entourer les spectacles d'expos et de discussions, de façon à honorer notre mission «universitaire» de diffusion des savoirs. Cette année, Pippo Delbono ne propose pas, comme l'an dernier, un travail de stage à destination des comédiens romands, mais Récits de juin, un solo qui a fait un tabac en 2006 à Avignon et où Pippo raconte sa vie et son théâtre. C'est une belle leçon d'obstination.

- Peut-on dégager des constantes dans votre programmation?

Marika Buffat (M.B.):La notion de fidélité. Avec le retour dans nos murs d'artistes comme Jérôme Richer, la compagnie Pasquier-Rossier, et la compagnie Un air de rien. Autre constante, le principe de résidence sur trois ans. Cisco Aznar termine son triennat tandis qu'Anne-Cécile Moser entame le sien. Enfin, nos spectacles doivent être pointus, exigeants, aborder, avec le sourire souvent, des questions esthétiques, sociales, ou politiques... université oblige!

- Et le fécule?

M.B.:Le fécule, festival des cultures Université de Lausanne et EPFL, est aussi un rendez-vous important. Il regroupe pendant trois semaines à la fin de la saison toutes les créations des troupes universitaires. A l'affiche, musique, théâtre, danse, impro et cinéma, de quoi se rassasier avant la pause estivale.