«L'Expo fut construite dans l'enthousiasme de peu, dans l'indifférence et l'attentisme de beaucoup et eut à subir jusqu'à son ouverture les insinuations malveillantes de trop.» Cette phrase pourrait être de Nelly Wenger: elle est d'Alberto Camenzind, l'architecte qui dirigea la conception de la manifestation nationale de 1964. Si la Suisse a changé depuis 1883 et, avec elle le contenu des expositions, aucune n'échappa à des cahots, du type de ceux qui présidèrent au passage d'Expo.01 à Expo.02. Conflits, difficultés financières, reports, mauvaise presse: aucune n'y a échappé. Seule spécificité d'Expo.02: les changements de tête à la direction.

C'est ce que met en évidence un ouvrage publié en parallèle à l'exposition, et réunissant plusieurs contributions – notamment de Martin Heller, directeur artistique d'Expo.02 - autour du thème: «Idées, intérêts, irritation». Certains textes se penchent directement sur Expo.02, tandis que d'autres proposent une réflexion sur l'une ou l'autre précédente exposition nationale. A en croire les auteurs, Urs Germann et Agnes Nienhaus, la crise est une étape nécessaire dans la gestation: ne pouvant représenter toutes les composantes d'une société, l'image que projette finalement toute manifestation nationale n'est pas le fruit d'un consensus, mais d'une lutte.

Expos. ch - idées, intérêts, irritations, Dossier 12 des Archives fédérales, en vente en librairie ou à l'Office central fédéral des imprimés.