Une ambition: «créer un imaginaire collectif de la ville». Des moyens: mandater six photographes internationaux et talentueux pour qu’ils posent leur regard sur Nantes.

Le résultat: six brochures et de nombreux visuels signés Mathieu Bernard-Reymond, Olivier Metzger, Rip Hopkins, Patrick Messina, Karen Knorr ou Franck Gérard. Six univers pour une même cité.

Le Lausannois Mathieu Bernard-Reymond (photographie ci-dessus) avait pour seule indication de se concentrer plutôt sur l’estuaire: «Nantes essaie de créer du patrimoine culturel à partir de son patrimoine industriel et naturel; j’ai apporté cette dimension par des photomontages.» Une poésie douce, un bateau qui coule dans la Loire comme une montre de Dali, un fleuve amputé d’un carré d’eau et évoquant la géométrie des marais salants.

Olivier Metzger, lui, est resté fidèle à sa ligne habituelle: ambiances nocturnes, jeux de lumière subtils, images très posées (photo page de gauche). «Je n’avais jamais mis les pieds à Nantes mais j’ai voulu traduire le dynamisme qui m’est apparu immédiatement en arrivant. Je me suis servi de la ville comme d’un décor, sans travailler sur des espaces hyper-reconnaissables tels le château, puis j’ai écrit ma fiction.» Rip Hopkins, toujours un peu martinparrien, s’est focalisé sur les passants, comme Franck Gérard. Patrick Messina, habitué de l’effet bascule, a transformé la cité en terrain de jeu. Karen Knorr, enfin, la montre envahie de placides animaux. Des variations oniriques et réjouissantes pour un lieu unique. Caroline Stevan