Cinéma

«Impairs et fils»: un père vert encore

Quand un fils couche avec la maîtresse de son père, la cellule familiale en prend un coup. C’est le message que délivre cette comédie alémanique

La vie de Simon pourrait être très agréable, à crayonner des petits Mickeys auprès de sa copine Fabienne, galeriste. Mais il a des parents. Son père (Dani Levy), psychiatre, célèbre son anniversaire dans une bruyante démonstration de judaïsme festif, sa mère perd connaissance dans la cuisine et Fabienne ouvre des yeux ronds. Tandis que ses parents sont en vacances, Simon se voit assigner par chantages affectifs divers la tâche de transcrire les discours paternels pour la publication d’un livre. Il partage cette corvée avec Sonja (excellente Katja Kolm), secrétaire et maîtresse du Vater. Il noue avec elle une complicité venimeuse qui bifurque en baiser et plus…

Jeshua Dreyfus signe une espèce de vaudeville psychanalytique dans lequel un jeune dadais règle ses problèmes œdipiens en suçant le sein de la maîtresse de son père et mène son couple au naufrage. Immoral et sensuel, cet imbroglio sentimental outrage un peu la morale, dénonce l’hypocrisie d’un psychiatre guru qui prône l’«honnêteté radicale» mais trompe sa femme à tire-larigot. La comédie ne va toutefois pas au bout de ses promesses, faute à un rythme languissant et un comédien empoté (Dimitri Stapfer) dans le rôle de Simon. Comme dans Halb so wild (2013), son premier long métrage, le cinéaste bernois ficelle un scénario prometteur à partir d’une idée originale, mais peine à lui donner la dynamique cinématographique idoine.


Impairs et fils (Sohn meines Vaters), de Jeshua Dreyfus (Suisse, 2019), avec Dimitri Stapfer, Dani Levy, Katja Kolm, 1h29.

Publicité