C’est beau, l’amitié entre les peuples. Et c’est magnifique, une résurrection. C’est un peu l’histoire du festival franco-suisse Impetus, qui avait brûlé de belles heures à Lausanne au début des années 10 de ce siècle, avant de s’éteindre côté lémanique… et de nous faire le coup du phénix en 2016.

Le cru 2017 coche bien des cases

Pour qui aime les franges pénétrantes des musiques aventureuses, la programmation de l’édition 2017 coche un nombre impressionnant de cases. On se concentrera ici sur le premier volet, vaudois, de la manifestation, qui répartit ses soirées lausannoises par affinités de genres. Côté clairs-obscurs plus ou moins électroniques, il faudra pousser les portes du Bourg le vendredi 28 avril. On y croisera successivement Matt Jencik (dont le récent «Weird Times», sorti chez Hands in the dark, est une merveille ambient belle à faire peur), Kuro (Agathe Max au violon amplifié et Gareth Turner à la contrebasse électrique) et surtout Raime: en deux albums («Quarter Turns Over A Living Line» et «Tooth», publiés par le bien nommé label Blackest Ever Black), ce duo londonien a réussi à proposer sa propre vision, à la fois sombre et engageante, d’une rénovation de la musique dite industrielle – rythmes tendus, basses en coups de poing, rondes du diable.

Mais aussi, du metal

Le verso du menu d’Impetus donne dans le metal: on signalera dans ce créneau la soirée du jeudi 27 au Romandie, avec entre autres Bongzilla – légende US du sludge, variante lente, massive, acide et jouissive des musiques à guitare. Le clou de la programmation sera toutefois à découvrir le samedi 29 du côté des Docks avec la venue d’Ulver. Ce groupe norvégien donne l’exemple d’un arc évolutif plutôt rare par son amplitude, qui l’a fait migrer de l’esthétique black metal indigène vers une foultitude d’îles stylistiques lointaines, éparpillées entre folk, musique expérimentale et pop synthétique – leur tout frais «The Assassination Of Julius Caesar», sorti chez House of Mythology, portera témoignage de ces étranges cabotages.

Prenons quelques jours d’avance: dès la première semaine de mai, Impetus migre vers le nord, entre le SAS de Delémont et une escadre de salles franc-comtoises. La date du vendredi 5 mai fait dresser l’oreille, l’Espace Gandhi d’Audincourt s’ouvrant en ce jour à Mario Batković: cet accordéoniste alémanique – qui sera pour l’occasion accompagné des musiciens du Conservatoire du Pays de Montbéliard – est un magicien, capable de vous bâtir des cathédrales à coups de piano à bretelles.


Impetus. Divers lieux, du 27 au 29 avril et du 5 au 8 mai.