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Le pianiste Nelson Freire a donné à Genève une interprétation lumineuse du Concerto de Schumann.
© Hennek

Classique

Incendie musical pour la leucémie

Avec la récolte de plus de 700 000 francs et un magnifique concert de l’OSR, la Fondation Dubois-Ferrière a célébré dans l’éclat les cent ans du pianiste Dinu Lipatti, décédé de la leucémie en 1950 à Genève

En concert, Jonathan Nott a le don de mettre le feu aux instruments. Mercredi soir au Victoria Hall, devant les caméras de télévision et un public venu soutenir la recherche contre la leucémie, le nouveau chef de l’OSR a poussé la 4e Symphonie de Brahms à l’incandescence. A la fin du concert, généreusement destiné à la cause de la Fondation Dubois-Ferrière Dinu Lipatti, la scène et la salle se sont embrasées. Le chef, en pyromane, et ses musiciens, en attiseurs, ont soulevé un formidable feu musical en conclusion de soirée.

Il faut dire que le programme, redonné le lendemain à Lausanne dans le cadre de l’abonnement de l’orchestre, rime avec grandeur. Celle de Schumann, d’abord, dont Nelson Freire porte le Concerto pour piano avec une sensibilité, une hauteur de vue, une clarté de lecture et une finesse de jeu impressionnantes. Loin des excès romantiques et des volte-faces émotionnelles. Entre Schubert – pour l’intimité du discours, Chopin – pour la finesse mélodique, et Brahms – pour l’assise harmonique et la largeur sonore, il parcourt la partition sotto voce, en confident plus qu’en orateur. Sans pathos, mais avec affection. La pièce s’en trouve éclairée de l’intérieur, voix internes habilement dégagées et entrelacées, comme dans le 2e Intermezzo Op 117 de Brahms donné en bis.

Du côté symphonique, on navigue en eaux profondes et puissantes. La nouvelle identité sonore de l’OSR se met en place. Plus ronde, chaude et sensuelle. On savait Jonathan Nott mahlérien. On le découvre brahmsien. L’intimité avec le chant, le sens du galbe et du déroulé des lignes ainsi que le rapport charnel au son puisent aux mêmes sources. Quant à la liberté décomplexée de tempo, elle va jusqu’aux limites de l’expression. Brahms se révèle ainsi fougueux et tendre, intense jusqu’au dernier silence. La belle cohésion du groupe (harmonie rayonnante) et les interventions des solistes de pupitres (flûte, clarinette et hautbois lumineux) rendent hommage au souffle musical du grand Johannes: robuste et subtil.


Théâtre Beaulieu de Lausanne, jeudi 23 mars à 20h15. Rens: 022 807 00 00

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