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«Indian Summers», l’automne indien d’Arte

La chaîne culturelle diffuse une série anglaise sur le craquement de l’Empire à hauteur d’hommes et de femmes, aux Indes. Un feuilleton qui veut en faire un peu trop

Comme promis, les paysages sont somptueux. La réalisation aussi, quoiqu’elle abuse des filtres et des effets de gros plans dans des ambiances chamarrées – comme il se doit, il faut saturer les couleurs, puisqu’il s’agit d’Inde. Diffusée ces temps par Arte, et proposée en rattrapage, Indian Summers ambitionne de proposer une fresque de l’Inde des années 1930, dans toutes ses populations, des pauvres familles jusqu’aux colons anglais les plus puissants.

Un fil, partiel, pour suivre l’intrigue est fourni par le personnage d’Alice, jeune et jolie femme qui revient dans le pays chaud avec un enfant, mais dont le mari a fui – ce qui est déjà scandaleux. Elle retrouve son frère, lequel a acquis une magnifique propriété, et qui est proche du vice-roi; c’est-à-dire du régnant local.

La traque des indépendantistes

En parallèle, une prétendue épidémie de choléra permet aux troupes anglaises de traquer des indépendantistes dans les quartiers populaires, on entend parler d’un certain Gandhi, un Anglais tente de sauver son âme en permettant à un enfant indien malade de survivre, et les résidents qui s’émancipent tout en travaillant pour les Anglais vivent leur situation comme une déchirure toujours plus difficile à supporter, notamment face à leur famille.

Une autre Downton Abbey?

Certains critiques anglais ont vite fait la comparaison avec Downton Abbey. Elle a une certaine pertinence: même si dans Indian Summers, le climat est d’étuve et la flore d’exubérance, il est question d’Anglais qui ne comprennent pas à quel point leur monde leur échappe. On conte dans quelle mesure une modernité se prépare, et commence à s’exprimer. Là où, dans Downton Abbey, la position des classes était verticale – les maîtres dans les étages de la maison, les domestiques le plus souvent dans les bas niveaux –, elle se fait horizontale dans Indian Summers, jusque dans les positions de sièges de castes dans les trains.

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La série de Channel 4 a un courage à aborder cette ère impériale qui paraît si lointaine. 
Partant de cette brave posture, elle semble vouloir englober toute son époque et ses facettes, dans une narration un peu platement parallèle. Elle n’a pas la solide cohérence de Downton Abbey, qui a toujours pour elle sa quasi-unité de temps et de lieu. Qui trop embrasse mal étreint? C’est le risque de ces moites, mais plaisants, étés indiens.


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