On comptait d’abord évoquer la passion, la richesse des musiques de niche ou encore le casse-tête sans fin des équilibres financiers. Mais rapidement, la discussion a dérivé sur le sens de la vie, ses joies et ses impasses. «Un label, c’est un investissement permanent… qui a d’ailleurs gâché ma dernière relation amoureuse. J’ai toujours la tête dans le guidon, c’est envahissant, même quand je passe des heures et des heures à faire des emballages pour les expéditions. Je me suis soudain rendu compte que le dimanche matin, je pensais plus à optimiser les fichiers de stocks qu’à filer tranquille au bord du lac. Je perdais le plaisir et la spontanéité, j’étais presque dans la contrainte. C’est très facile de se perdre. Et je n’aimais pas ce que j’étais en train de devenir.»