C'est une histoire de train au départ. Germain Meyer et le groupe Coordination théâtre rêvaient de faire jouer une dizaine de «dramolets» inédits de Robert Walser dans des wagons CFF, et de déplacer ainsi le spectacle d'une gare à l'autre. Mais après moult palabres avec la régie, Germain Meyer a dû renoncer aux rails. Autre imprévu: il fallait assumer la direction des opérations, suite à la défection de la metteur en scène française prévue.

Ces déconvenues successives en auraient refroidi plus d'un. Mais pas Germain Meyer, professeur de théâtre au Lycée de Porrentruy. Il a décidé de consacrer ses deux mois de vacances scolaires à l'écrivain biennois. Et il a rassemblé autour de lui son ex-élève Shin Iglesias, Jurassienne d'origine, qui brûle d'un beau feu sur les scènes romandes; Lionel Frésard, jurassien lui aussi, diplômé au mois de juin de la Section professionnelle dramatique de Lausanne; Jacques Zwahlen, comédien chevronné qui travaille souvent à Bienne, sans oublier la chanteuse France Hamel et le musicien Julien Monti.

L'équipe vagabonde depuis le 15 juillet sur les traces de Robert Walser, entre romance gâchée et extase poétique. «Nous poursuivons un objectif: faire connaître Robert Walser dans une région où il n'est pas très connu et révéler au public des textes inédits, explique Germain Meyer. Nous avons voulu traiter ces textes sur un mode cabaret, d'où la présence d'une chanteuse.» Ces microdrames de l'âme, traduits par Marion Graf, sont pour le metteur en scène autant de petites effractions dans l'intimité d'un homme qui a beaucoup marché pour s'oublier. Ces fables à valser et à pleurer sont à consommer dès le 25 août à l'Hôtel Suisse de Moutier.