Derrière la mobilisation des «gilets jaunes», derrière la montée de ce qu’on appelle, de façon un peu vague, les populismes, beaucoup dénoncent des inégalités croissantes. Explication rejetée par d’autres: même si la générosité des trente glorieuses s’est épuisée, la redistribution des richesses reste bien réelle, excessive même aux yeux de beaucoup. C’est à cet apparent paradoxe que s’attaque le sociologue François Dubet, spécialiste, justement, des inégalités. Son analyse, tout en subtilité, peut néanmoins se résumer en termes simples. Si l’on excepte le spectaculaire et dangereux accaparement des ultra-riches, ce qui change, ce n’est pas l’inégalité. C’est la façon que nous avons aujourd’hui d’être inégaux.