Avant, pour savoir quel ouvrage lire, on pouvait parcourir une critique dans son quotidien préféré ou la regarder à la télévision; entrer dans une librairie et demander; se fier au bon vieux bouche-à-oreille. Et puis, comme partout ailleurs, tout a changé. Un réseau social en particulier s’est entiché de littérature: Instagram et son milliard d’usagers. Tapez #bookstagram et vous obtiendrez plus de 45 millions d’occurrences liées à la littérature! Contre 20 millions il y a deux ans. Tout le monde s’y met: maisons d’édition, auteurs, librairies… Et bien sûr les lecteurs, avec l’apparition d’une nouvelle espèce de critiques littéraires qui, vu la force du réseau, font de plus en plus la pluie et le beau temps: les «bookstagrameuses». Nées de la contraction de «book» et d’«instagrameuse», elles incarnent une armée de personnes (à 95% des femmes) spécialisées dans la publication de photos et commentaires de livres sur Instagram.

Avec son millier d’abonnés, Zoé Perrenoud, alias @sassenachreading, ne pèse pas encore bien lourd comparée à Maïté Defives, alias @mademoisellelit et ses 60 000 abonnés (45 000 il y a un an). Mais cette étudiante en littératures française et anglaise à l’Université de Neuchâtel n’a que 22 ans et l’avenir devant elle. Ces derniers temps, elle a mis en valeur Guillaume Musso, Joël Dicker (76 000 abonnés), Olivier Adam, Douglas Kennedy. Elle ajoute aux livres des coquillages, des bougies parfumées, des fleurs séchées et parfois un chat, qui se glisse dans la bibliothèque. De jolies photos très «girly» typiques d’Instagram. «J’ai commencé fin 2019. J’adore lire depuis toute petite et j’ai toujours éprouvé de l’intérêt pour la littérature française. J’ai remarqué que très peu de personnes lisent de nos jours et je suis convaincue qu’Insta est une bonne plateforme pour inciter notamment les jeunes à lire.»