Cinéma

«Insulaire», sur les traces du Robinson suisse

Stéphane Goël filme magnifiquement l’île Robinson Crusoé, au large du Chili. Et raconte l’histoire de son premier gouverneur, le Bernois Alfred von Rodt

En 1719, Daniel Defoe publie Robinson Crusoé. Il y évoque un marin né à York «d’une bonne famille» et qui finira par se retrouver seul au monde, à plus de 600 kilomètres au large des côtes chiliennes: «Moi, pauvre misérable Robinson Crusoé, après avoir fait naufrage au large durant une horrible tempête, tout l’équipage étant noyé, moi-même étant à demi-mort, j’aborde à cette île infortunée, que je nommai l’île du désespoir.»

4% de terrain habitable

Cette «île du désespoir» avait un nom: Más a Tierra. En 1966, elle sera finalement officiellement rebaptisée île Robinson Crusoé. Si le personnage imaginé par Defoe s’inspire de l’histoire vraie de l’Ecossais Alexandre Selkirk, qui y passa quatre ans au début du XIIIe siècle, l’île est aussi intimement liée à la Suisse. Alors qu’elle était habitée par 56 personnes, le Bernois Alfred von Rodt s’y installa en 1877, devenant son premier gouverneur après avoir répondu à une annonce du gouvernement chilien.