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La semaine dernière, Spotify a annoncé que sa base d’abonnés avait augmenté de deux tiers au cours de l’année dernière, passant ainsi de 30 millions à 50 millions.
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Et si Internet sauvait la culture au lieu de la tuer?

Au cours des dernières décennies, la technologie a menacé l’ancien ordre dans le domaine de la culture. Le «New York Times» l’assure: en fait, la Toile peut renouveler le modèle de financement des artistes

Dans presque tous les milieux culturels, que ce soit les films, la musique, les livres ou les arts visuels, la technologie numérique a introduit de nouvelles stratégies, créé de nouvelles formes d’exploration et a permis aux amateurs d’art de revisiter certaines œuvres. Ce n’est pas nouveau; des blogs aux podcasts en passant par YouTube, les vingt dernières années ont été marquées par une succession de formats qui ont conduit à faciliter la création, raconte le New York Times.

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Pourtant, la culture dans son aspect commercial a longtemps été en péril, affirme le quotidien américain. En effet, Internet a inculqué à toute une génération que le contenu en ligne était un dû gratuit, cela s’est bien observé dans le cas des médias.

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De plus en plus d’abonnés

Selon le New York Times, une évolution surprenante s’est produite: au cours des dernières années, les internautes se sont mis à payer pour accéder aux contenus en ligne. Et ce, par le biais d’abonnements, ainsi pour Amazon Prime, Netflix, Hulu, HBO, Spotify et Apple Music.

L’année passée, les utilisateurs d’Apple ont dépensé 2,7 milliards de dollars en abonnements par le biais de l’app store en 2016, soit une augmentation de 74% par rapport à 2015. Durant le dernier trimestre de 2016, Netflix a vu ses nouveaux abonnés augmenter de sept millions, battant ainsi le record de l’entreprise. Il compte maintenant près de 94 millions d’abonnés. Et la semaine dernière, Spotify a annoncé que sa base d’abonnés avait augmenté de deux tiers au cours de l’année dernière, passant ainsi de 30 millions à 50 millions. Ouvert en juin 2015, Apple Music compte pour sa part 20 millions d’abonnés.

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Plus de vingt ans après avoir attiré l’attention du grand public et commencé à déconstruire la façon dans la société finance la culture, l’économie numérique semble avoir trouvé une manière de soutenir cette dernière. Si les abonnements continuent à décoller, cela ne signifie pas seulement que certains artistes survivront à Internet. Cela introduit également un changement profond dans la façon de soutenir de nouveaux talents.

Financer les artistes…

«Ce que nous voulons faire, c’est changer l’ensemble du mécanisme de financement qui anime la production de contenus en ligne», déclare au quotidien américain Jack Conte, cofondateur de Patreon, une société de financement participatif. «Nous voulons changer la façon dont les choses se paient et comment fonctionne le Web.»

Jack Conte a fondé Patreon en 2013 et a depuis investi 100 millions de dollars dans le domaine de la culture. En 2016, environ 35 artistes ont récolté plus de 150 000 dollars chacun sur la plateforme. «Je pense que quelque chose a changé sur le plan culturel», a-t-il déclaré.

…Mais à quel prix?

Même si beaucoup d’internautes paient pour des services comme Spotify, il peut être difficile pour les musiciens, en particulier les moins connus, de se faire une place sur la plateforme.

Pourtant, il existe des moyens de contourner ces difficultés. Grâce à Facebook, Instagram et Twitter, les artistes peuvent maintenant établir des relations étroites avec leurs fans et promouvoir leurs créations. Ce n’est qu’après avoir créé une communauté, qu’ils peuvent ensuite utiliser des sites comme Patreon pour être financés.

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Néanmoins, ce genre d’arrangement alternatif n’est pas facile à conclure, il peut prendre du temps. Mais il y a de l’espoir, jugent certains.

«Je peux avoir une vie normale maintenant», a déclaré Peter Hollens, un chanteur qui se produit sur YouTube. L’interprète gagne actuellement environ 20 000 dollars par mois à partir de sa page Patreon. L’argent lui a permis d’embaucher de l’aide à la production et d’augmenter sa productivité, mais il lui a également apporté un plus non négligeable: un sentiment de sécurité financière.

«Je n’ai plus besoin de m’égarer sur les routes et de jouer dans des bars», déclare-t-il. «J’ai du temps pour ma famille. Cela normalise ma carrière.»

L’article original: How the Internet Is Saving Culture, Not Killing It

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