J’avoue, je me suis infiniment ennuyé en regardant des épisodes des Irréguliers de Baker Street. Cette série de Tom Bidwell pour Netflix a pourtant de quoi appâter les curieuses et curieux: elle se propose de suivre les «Irregulars» (le titre original du feuilleton), les gamins que Sherlock Holmes embauche de temps à autre dans ses aventures d’origine, celles des nouvelles et roman d’Arthur Conan Doyle. Ces petits d’hommes crasseux et zigzaguant dans les rues de l’immense Londres de 1890 sont bien plus malins que les bourgeois à haut-de-forme, et ils maîtrisent, eux, la cité tentaculaire dans tous ses recoins.

Du fantastique mal placé

La déception est donc grande, en constatant que l’auteur de la série a absolument tenu à virer dans le surnaturel, sans doute dans l’idée, simpliste, que cela accrocherait les plus jeunes. On se lasse à toute vapeur de ces corbeaux qui attaquent le club des jeunes investigateurs en herbe, de cette dentiste qui fabrique des mini-golems avec des molaires, ou de cette risible Société de l’aube dorée (qui exista), ramenée à une clique de grabataires adeptes de spiritisme que cible Mycroft, le frère de Holmes.