Isabelle Flükiger. Se débattre encore. L'Age d'Homme, 120 p.

Une jeune femme cherche dans le miroir qui est cette étrangère inconnue. Elle découvre son nom: Hanna Brambour, et son âge: 25 ans, mais aucune piste ne la ramène à elle-même. Dans une ville éventrée, on ne sait par quelle catastrophe (guerre, cataclysme, travaux publics?), elle finit par reconstruire une vie boiteuse, avec des hommes qui tous s'appellent Marc, dans l'amitié versatile des filles. La claudication est d'ailleurs une métaphore filée tout au long du livre. Ce deuxième roman d'Isabelle Flükiger, née en 1979, est plus tenu que le premier, Du Ciel au ventre (2003), qui lui avait valu un grand écho à cause de son thème; une jeune Fribourgeoise y tentait l'expérience existentielle de la prostitution. Isabelle Flükiger avait pris le pari risqué d'écrire une langue parlée entrelardée de commentaires un peu scolaires. Dans Se débattre encore, elle a élaboré un dispositif compliqué: monologue intérieur en italiques, récit à la troisième personne alternent avec les séquences d'un show (télévisé?) au cours duquel un animateur hystérique harcèle les personnages devant un public prêt à la mise à mort. Amnésique, apathique, absente et malheureuse, Hannah symbolise les dysfonctionnements de la société.