Cinéma

Isabelle Gattiker, directrice du FIFDH: «Nous proposerons des films dans une quinzaine de lieux»

Le Festival du film et forum sur les droits humains fait peau neuve. Interview de sa nouvelle directrice

«Nous proposerons des films dans une quinzaine de lieux»

Cinéma Le Festival du film et forum sur les droits humains fait peau neuve. Interview de sa nouvelle directrice

Le Festival du film et forum international sur les droits humains (FIFDH) entre dans une nouvelle ère. Son directeur historique, Léo Kaneman, en fonction depuis sa création en 2003, a laissé sa place en ce début d’année à une jeune femme d’expérience, Isabelle Gattiker, successivement cofondatrice de la manifestation, assistante du cinéaste Amos Gitaï, productrice de films et enseignante en cinéma, avant de revenir l’an dernier au festival comme vice-directrice. Aujourd’hui aux commandes, elle confie ses ambitions.

Le Temps: Avec quelles envies avez-vous pris la tête du FIFDH? Isabelle Gattiker: Je souhaite développer le festival dans plusieurs directions. Je désirais d’abord trouver un nouvel espace central qui ait une capacité beaucoup plus importante que l’ancien, pour éviter de devoir refuser du monde comme cela nous est arrivé par le passé, et qui abrite un lieu de rencontre, un café typiquement, plus spacieux. Nous y sommes arrivés en obtenant le Pitoëff [le théâtre et la salle communale] à Plainpalais. J’ai eu envie ensuite de favoriser la formation et le lien avec le milieu professionnel, pour encourager les cinéastes à travailler sur les droits humains. D’où, par exemple, le cours d’interprétation que viendra donner l’acteur Reda Kateb. Sachant que l’événement est susceptible d’intéresser un nombre considérable de gens à travers le monde, j’ai souhaité parallèlement étendre son rayonnement international. Dans ce but, nous allons davantage investir les réseaux sociaux. Tous les débats seront transmis gratuitement en anglais et en français sur Internet. Et un hashtag dédié permettra aux spectateurs d’intervenir d’un peu partout. Enfin, j’ai voulu me porter davantage à la rencontre des nombreux publics que le festival attire, milieux associatifs, migrants, universitaires, etc. Tous ces gens ne viennent pas forcément regarder des films au centre de Genève. Nous proposerons donc des projections dans une quinzaine d’endroits répartis dans la région, des bains des Pâquis au temple de Saint-Gervais, en passant par le centre de détention de la Clairière et la clinique psychiatrique de Belle-Idée. Et nous le ferons chaque fois en collaboration avec des médiateurs locaux susceptibles de nous aider à choisir les films les plus pertinents.

– Avez-vous reçu de nouveaux moyens financiers pour assumer cette expansion?

– Il aurait fallu en recevoir mais cela n’a pas été le cas. Nommée le 1er janvier, je n’ai pas eu le temps de réaliser toutes les démarches nécessaires. Je me suis dit: on y va, on teste. On pourra toujours développer cette démarche de façon plus professionnelle la prochaine fois.

Festival du film et forum international sur les droits humains (FIFDH) , du 27 février au 8 mars 2015, à Genève et environs.

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